Artiste iranienne, je vis en France depuis septembre 2024.
Dans mon travail, l’autoportrait a été pendant des années une sorte de fil conducteur. D’une manière d’abord très intuitive, je restais des heures devant le miroir, observant chaque centimètre de cette peau, des os et de la chair qui semblaient si problématiques. J’ai résisté ainsi, en refusant de me perdre.
Avec chaque autoportrait, je manifeste la puissance de mon être, avec ce même corps que le régime iranien a transformé en l’un des outils politiques les plus invisibilisés. J’ai mené ce combat en racontant mon histoire à travers la peinture. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est le processus.
Je construis des couches de couleur et, à travers leur superposition, c’est comme si une présence effacée revenait à la surface, dans un lent mouvement de recréation. Il faut ce temps pour que la femme dans l’image redevienne un corps.
Dans le présent de la peinture, elle reprend l’espace et le temps, consciente du regard porté sur elle, mais sans crainte.
Pour moi, la peinture porte une dimension de récit, mais pas au sens illustratif. Au contraire, le récit n’est pas ce qui est donné : c’est ce qui résiste.
Contact : n.kahrizi@gmail.com